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22 Feb

Gouvernance

Publié par gilles cochet

Il est banal de constater le fossé entre nos hommes politiques et le peuple qu'ils sont censés représenter. La démocratie est un système politique imparfait mais c'est toujours mieux d'avoir l'illusion de choisir que de ne pas avoir de choix du tout et de se faire imposer par la force des gens que l'on déteste par ailleurs. Je dis l'illusion car penser que l'éventail proposé est d'un spectre assez large pour changer l'état du pays relève d'une grande naïveté, je n'ose dire d'un manque d'information.

Si nous prenons comme échelle de temps le début de la "crise", nous constatons depuis trente ans des redondances que seule une amnésie collective a pu nous faire oublier. L'alternance politique dont nous sommes si fiers a accouché d'un consensus sur une acceptation d'un système économique de libre échange. Chacun peut y souscrire ou non selon de quel côté du manche il se trouve. S'il est du bon côté, intelligent,possédant ou malin, ce système est pour lui. A contrario, s'il est sans le sou, pas très futé, on peut se demander si son destin n'est pas tracé: perdre sa vie à essayer de la gagner, le plafond de verre des "plus forts que lui" lui barrant la route.

Le droit de vote appartient aux deux catégories, il est universel mais apparemment, beaucoup n'ont pas compris qu'ils pouvaient voter autrement; Une fois sur deux, on change de tête-et encore-et la vie continue. La"crise s'accentue, moins de travail, plus d'inégalités et chaque camp accuse l'autre de la responsabilité de ce se passe, la fameuse amnésie collective dont je parlais. La nouveauté, c'est le Front National, enfin, pas si neuf mais maintenant on le voit. On le voit tellement que la vie politique s'articule autour des questions qu'il est censé poser. Se voulant proche des "vrais"gens, il parle comme eux, va au charbon, retrousse les manches.

Si on déménageait l'Elysée au café du coin, j'aimerais assister au conseil des ministres. Ce n'est pas d'actualité mais le raccourci n'est pas innocent. Notre représentation nationale ne fréquente pas le café du commerce, elle a fait des études et se trouve dans la première catégorie, celle des gens intelligents, malins peut-être, possédants, pas tous. Mais ils ont un point commun, tous: le langage, code que l'on apprend pour mieux communiquer. Pour gouverner, il faut parler, expliquer le pourquoi des décisions prises, c'est le B.A BA de la politique. Il y a des écoles pour ça. Tous nos hommes politiques y sont passés, à droite comme à gauche, à quelques exceptions près ( la société civile!). Dans le langage, vous avez les éléments, la forme, et le contenu, le fonds. Le souci est que l'apprentissage de la politique dans ces nobles institutions se focalise plus sur la forme que sur le fonds d'où un certain désintérêt pour le contenu, le but étant de gouverner mais avant, il faut prendre le pouvoir. Apprendre à être élu, c'est une science. Il en découle un certain formatage des esprits, brillants certes, néanmoins malléables. Comme nos hommes politiques ont une carrière longue, à rebondissements, quand ils sont élus, ils ont un peu oublié pourquoi ils l'ont été d'où les très fortes ressemblances dans l'exercice du pouvoir.

Comme me disait un jour un député, passé ministre par la suite, en retraite aujourd'hui : les idéaux, c'est au début, ensuite, on les oublie un peu.

Je ne porte pas de jugement mais il me semble qu'aspirer à gouverner la vie des autres demanderait un autre type de formation, basée sur l'éthique et la fidélité à ses idéaux.

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