Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
12 Jun

Les Backwaters (Kerala 2)

Publié par gilles cochet  - Catégories :  #VOYAGE

Les Backwaters (Kerala 2)

Je suis sur une île. Mon hébergement est une demeure de maître accessible uniquement en barque. Tous les déplacements dans les Backwaters se font en bateau, pirogues, barques, houseboats. La vie s'écoule paisiblement dans un (autre) décor de carte postale. Il fait chaud en ce début d'après-midi quand j'embarque sur un frêle esquif, mon jeune guide me laissant entre les mains d'un marin d'eau douce, rude gaillard souriant portant ma lourde valise sur l'épaule tout en sautant prestement dans l'embarcation. Il me montre du doigt la rive opposée où se situe l'hôtel. Dix minutes plus tard, nous débarquons, accueillis par le majordome.Dans cette grande maison à un étage, toutes les chambres donnent sur une cour intérieure, fauteuil et table basse en extérieur sur une terrasse abritée des intempéries. La propriété est vaste, je le découvris plus tard en me promenant dans le jardin ombragé. Il y a peu à faire. Se laisser envelopper par la moiteur tropicale est la seule possibilité, aucun effort particulier, la torpeur m'envahit et je glisse doucettement vers une sieste réparatrice. La fin d'après-midi me voit émerger, réveillé par les préparatifs du dîner et les bavardages de nouveaux arrivants. Ma solitude touche à sa fin et c'est avec entrain que je fais connaissance de mes voisins, français exilés en Inde, conversations convenues sur les difficultés d'acclimatation, toutes relatives dans leur cas, vestiges de comportement d'occidentaux feignant d'oublier que l'Inde est un pays indépendant depuis quelques décennies. Le repas du soir prolongea ces échanges polis et je prenais congé poliment pour une marche digestive au bord de l'eau. Je croisais en chemin les habitants de l'île qui profitaient d'une douce brise rafraîchissante. La soirée se termina sur la terrasse, un livre à la main sous un lampadaire à la lumière vacillante.

Le lendemain matin, je fis le tour des jardins accompagné du marin de la veille qui voulait me montrer quelque chose, très empressé et... intéressé. Une certaine agitation régnait à la lisière de la propriété. Une journée de travail s'annonçait. Un homme était plongé jusqu'aux aisselles dans un étang recouvert de jacinthes d'eau, des femmes faisaient leurs prières avant le début du labeur, Je me faisais discret quand mon guide improvisé me fit comprendre que je pouvais prendre des photos, que cela ne gênait pas (ce dont je doutais), quelques rires étouffés me donnaient raison. Le travail à accomplir consistait à débarrasser la retenue d'eau de sa gangue végétale, l'homme-grenouille tirait sur des bambous flottants qui attirait vers lui la végétation flottante, les femmes extrayant les plantes de l'eau pour les porter vers des charrettes à l'arrière de la berge. D'après ce que je compris, il y en avait pour la journée. Indispensable et répétitif, ce nettoyage était éreintant, payé 250 roupies (3 euros) par personne. Ces femmes étaient là aujourd'hui, demain ailleurs, attendant la récolte du riz, des paysannes employées à la journée. J'ai souligné à maintes reprises que le tourisme était la pire et la meilleure chose qui pouvait advenir dans les pays pauvres, il ne permet pas d'augmenter le salaire moyen, juste de joindre les deux bouts pendant la période creuse. L'Inde n'est pas un pays touristique (comme le nôtre), c'est un plus dans certaines régions, le Kerala en fait partie, notamment les Backwaters. L'activité touristique qui se voit le plus ici, ce sont les séjours en houseboats. Je vous raconterai la prochaine fois ma petite croisière dans la lagune.

Les Backwaters (Kerala 2)
Les Backwaters (Kerala 2)
Les Backwaters (Kerala 2)
Commenter cet article

À propos

Actualité des voyages, informations et photos du monde. Avis et renseignements pratiques.. Tourisme...