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02 Dec

L'âne de Félix

Publié par gilles cochet  - Catégories :  #HUMEURS

L'âne de Félix

La sonnerie intempestive d'un objet connecté non identifié m'a sorti de mon sommeil ce matin. Le soleil rougeoyant atténua ma mauvaise humeur, spectacle magnifique par delà les montagnes dont les silhouettes massives se profilent derrière les vitres des fenêtres du salon où je me trouve actuellement. Le ciel clair parsemé de nuages d'altitude surplombe un paysage d'automne, arbres terre de Sienne enserrant des prairies verdoyantes et filets de brume se dissipant sous l'effet d'un soleil généreux. Je sors petit à petit de ma torpeur. La température s'élève doucement, quelques bruits domestiques me tirent de ma rêverie.Il est l'heure de remplir la cambuse. La route serpente dans les collines, virages serrées et grandes courbes descendent jusqu'au vallon, siège d'une bourgade aux multiples commerces de proximité. Le coffre rempli de victuailles, nous rentrons à la maison. Autour d'un verre, nous profitons d'une douce chaleur, inédite en ce mois de Décembre et devisons sur le temps qui passe et les aléas de la vie. Soudain, un braiement inattendu rompt notre conversation, c'est l'âne de Félix de retour de son enclos, trop content de ce soleil printanier. L'animal primesautier ne dissimule pas sa joie, l'expression de son bonheur finit par se dissiper et nous laisse terminer en toute quiétude ce paisible moment d'échanges. Le silence de l'après-midi incite à la sieste, pourquoi résister ? Et quoi de mieux, après ce repos vespéral, qu'une promenade sur la route des crêtes inondée de soleil ? La marche fut interrompue par l'irruption d'un chien de bonne taille, manifestement hostile. Je le tenais à distance tout en rebroussant chemin, maugréant contre des maîtres inconséquents qui gâchent ainsi le plaisir du promeneur solitaire et pacifique.De retour dans le salon lumineux et boisé, je m'attable quand j'entends un bruit, vite identifié comme étant un rouge-gorge qui essaie de sortir de la pièce par une fenêtre close, se heurtant au carreau, leurre transparent et piège mortel pour ce petit oiseau au coeur fragile. L'approchant au plus près, je vis sa poitrine trembler sous le plumage et le saisis, lui rendis sa liberté par la porte-fenêtre ouverte. Ainsi va la vie en cette journée de vacances à la campagne, lentement, quand les minutes qui passent sont la promesse d'instants simples et reposants.

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