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25 Dec

Un petit chien mais c'était le mien

Publié par gilles cochet  - Catégories :  #HUMEURS

Un petit chien mais c'était le mien

Regardez-moi !

Pourquoi ne me regardent-t-ils pas ? Ils sont pénibles à m’ignorer comme ça . Ce n’est pas faute d’essayer de capter leur attention, je saute, je suis debout sur mes pattes de derrière. C’est fatigant en plus, qu’est-ce qu’ils s’imaginent ? Que je fais ça sur commande !

Bon, c’est égal, je retourne me coucher.

Je râle mais je suis le plus heureux des chiens : mon maître est du genre sympa et attentionné.

Repas matin et soir, avec des restes en plus quand il y a du monde à la maison, je sors plusieurs fois par jour .Ce n’est pas simple, nous habitons en centre ville, au deuxième étage d’un immeuble tranquille .Le matin, je fais le grand tour, le soir, le petit .Dans la journée, je sors aussi de temps en temps quand mon maître est là. Je sors avec son fils aussi, le soir en général .Non, je n’ai pas à me plaindre et je ne me plains pas d’autant plus que je ne suis jamais malade .Il faut dire que je suis croisé, plus costaud que les chiens de race, fragiles, surtout les gros .C’est ma revanche à moi, petit, mais costaud.

Comme je suis un chien heureux, tout le monde le sait, je le montre et les gens m’aiment bien.

J’ai juste un petit défaut mais je n’y peux rien : Je perds mes poils .C’est gênant, il faut nettoyer assez souvent l’appartement sous peine d’en trouver partout.

Ma vie a commencé, aussi loin que je m’en souvienne, dans un magasin pour animaux, je veux dire un magasin où les humains vendent des animaux, moi, j’en fait partie, donc, j’étais là, en attente.

L’horreur : Imaginez un aquarium, en plus grand, moi dedans avec deux idiots n’arrêtant pas de faire les fous et moi, stoïque, assis tranquille dans mon coin. Je me levais juste pour voir quand il y avait quelqu’un, par curiosité .J’étais petit, vraiment petit, tout noir .Ce jour-là, un matin, je me souviens, je venais de dévorer mes croquettes, quelqu’un est entré, l’air nonchalant, l’air de ne rien chercher. Il parle, je n’entends rien, le marchand s’approche de l’aquarium, me montre du doigt en souriant (l’air bête que se donne les humains quelquefois),

L’autre regarde, sourit aussi .Pendant ce temps, mes deux compagnons redoublaient d’activité, pour se rendre intéressants je suppose, en aboyant à tue-tête, vite rabroués par le commerçant .L’inconnu se pencha vers moi et me prit dans ses bras .Moi, quand je suis content, je lèche, je lui ai nettoyé les joues : Il avait l’air content et moi aussi.

Aussitôt dit, aussitôt fait, je suis parti ce jour-là, j’ai quitté mon aquarium et mes bruyants congénères pour vivre à la campagne.

C’est sympa la campagne, vous savez ,là où il y a de la place parce que ,moi ,de la place ,j’en ai besoin ,normal ,je suis un Terrier, Tibétain en plus, enfin c’est ce qu’on dit .Le Tibet c’est loin, j’ai oublié mais d’après ce que j’ai entendu depuis, mes ancêtres gardaient des maisons, pas contre les voleurs –on est trop petit pour ça-mais contre les mauvais esprits .Il paraît que mes aïeux ,avec leur air gentil décourageaient les esprits mal intentionnés, ceux-ci rebroussaient chemin et allaient voir ailleurs ,la maison convoitée ne pouvant être d’aucun intérêt puisque les humains la faisaient garder par des chiens aussi petits .

Mon maître et moi, on est resté trois ans au grand air. Après, pour des raisons qui m’échappent encore ,nous nous sommes enfermés dans l’appartement où nous sommes aujourd’hui .Là, c’est sûr, j’y ai perdu au change .Chacun y met du sien mais il m’arrive d’avoir le blues de ma campagne et des grands espaces .

Je le dis tout net : un chien n’est pas fait pour vivre en ville.

Il n’y a pas de place .Il n’y a déjà pas assez de place pour les humains, alors, pensez, pour nous, c’est carrément le trop plein.

Quand nous sortons, je fais attention où je mets les pattes, j’essaie de ne pas me laisser griser par la liberté retrouvée .Ce n’est pas simple mais je m’y retrouve au final.

Au chaud, à manger, de l’affection, l’essentiel est préservé.

Beaucoup d’humains n’ont pas ce que moi, petit chien, je vis tous les jours.

Je le sais, je vois (regarder serait un grand mot) à la télévision les horreurs qu’ils (les humains) se font entre eux .En parler me fait me dresser les poils.

J’ai toujours eu du mal à saisir pourquoi ils font telle chose plutôt que telle autre, l’esprit humain est d’un compliqué mais eux, ils savent pourquoi .Mon maître, il râle souvent devant les images de la télévision, pas d’accord, vraiment pas .Il a souvent un soupir, une sorte de fatigue, il se lève, laissant ses congénères s’étriper sur l’écran.

Lui, il a jamais étriper personne, je le suppose .Il ne m’a jamais battu, même quand j’ai fait des bêtises (ça m’arrive), il parle fort et c’est tout.

Je vous dis : ça va.

Cool, comme ils disent.

Je suis un petit chien cool.

Mais là, aujourd’hui, je suis moins cool, vraiment pas.

Je suis franchement pas bien : Fini de faire le clown sur les pattes de derrière ! Et pour cause !

Ils ont failli me tuer, ces c…, à la campagne en plus !

J’ai l’air de quoi, moi, maintenant, à marcher sur trois pattes et ce look !!

Plus de poils sur une moitié du derrière. Ca fait grunge, mais bon ! J’fais pas du rock !

Blague à part, une voiture qui vous fait valser sur plusieurs mètres, c’est pas comme au cinéma : on se relève pas tout de suite et puis, j’ai gueulé même que tous ces humains ,ça les a drôlement refroidi ; j’imagine qu’ils se voyaient à ma place, forcément, ça calme !

Mais pour moi, rien du tout, pas d’ambulance, pas de flics (pardon, pas de gendarmes) et de docteur, rien à l’horizon.

De la part de Ptibou…

Son maître

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