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21 Feb

Mumbai 1

Publié par gilles cochet  - Catégories :  #VOYAGE

Mumbai 1

Personne ne revient indemne d'un voyage, c'est le but recherché, l'apport de nouveaux horizons, de nouveaux visages. Le regard de ceux que l'on croise est au moins aussi important que celui que l'on porte. En Inde comme ailleurs, je ne suis que spectateur d'un spectacle de vie qui me dépasse. Chercher à comprendre l'ensemble ne peut se concevoir sans une compréhension des petits évènements qui jalonnent votre parcours. Ici, les sollicitations affolent les sens dès le seuil de la porte d'hôtel franchi. Je suis autre, un étranger, perçu comme tel, curiosité d'un autre monde, objet de convoitise aussi. Tout contact est double, sincère et désintéressé ou fourbe et monnayable. Aucune parano ne doit gâcher votre plaisir mais la méfiance fait partie du voyage, seul votre instinct saura vous guider dans le choix de vos rencontres. Je suis de passage et, à ce titre, suis demandeur. Je suis là par curiosité, ces gens ne sont pas venus me chercher et c'est une question récurrente : vous êtes venus pourquoi ? Bonne question. Nous sommes inondés sur les divers médias d'images du monde, quoi de plus frustrant de voir défiler d'autres pays, d'autres cultures sur un écran, présentées sous des angles divers, images de professionnels, montées, structurées. La réalité une fois sur place est plus parcellaire, elle ne recouvre que votre parcours personnel, votre perception, votre sensibilité, soumise aux aléas d'un temps d'adaptation, de la fatigue et des idées toutes faites, qu'il faut vite éliminer. J'ai visionné avant de partir, pur hasard, une émission sur Bombay qui suivait un Tintin reporter dans les entrailles de la mégalopole, rencontrant moult personnages originaux, rencontres préparées donnant à voir quelques acteurs de cette immense cité. A mon tour d'arpenter les rues, de me mesurer petitement à cette démarche. J'ai rencontré, d'abord un guide, indispensable, puis, dans certains quartiers, Chowk Market, Crawford Market, Malabar Hill, quelques artisans, marchand d'épices, désosseurs de voitures et autres vendeurs de tissus. Le contact est distancié, je n'ai pas de caméraman, juste un appareil photo, touriste de base que je suis. Je ne suis pas journaliste, accrédité par une chaîne de TV, je discute, tout simplement, prends des photos, jamais volées. Il faut mettre de côté l'appréhension, la peur de l'inconnu qui nous paralyse souvent. La curiosité est réciproque. Le regard porté sur l'image, au dos de l'appareil, s'illumine. La satisfaction est réciproque et je continue ma route. Mon guide est arrivé à Bombay en 1998 avec son père. Il a fait son chemin. Il me montre le lieu où il a vécu pendant trois années, bidonville indien fait de bois et de tôles de récupération. Nul misérabilisme, il ne demande rien, aucune compassion. Le temps a passé, son père est rentré dans sa région, lui est resté, a fondé une famille, veut acheter un appartement pour sa femme et ses trois enfants. Il a 28 ans, musulman tranquille avec son idée sur la marche du monde, hyper-connecté, fier de s'en être sorti mais, comme il dit, rien n'est jamais acquis, il faut se battre, tous les jours, ce pays ne fait pas de cadeau, il n'y a aucune sécurité, me montrant les miséreux qui traînent un peu partout. C'est un pays de "business", Gandhi n'existe que dans les campagnes électorales, vite oublié dans la pratique politique, on sent beaucoup de regrets dans sa voix, une impuissance face aux immenses problèmes que traverse le pays. L'Inde n'a pas la classe politique qu'elle mérite.

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