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14 May

De Mitterrand à Macron

Publié par gilles cochet  - Catégories :  #HUMEURS

De Mitterrand à Macron

Le côté paradoxalement monarchique de la passation de pouvoir d'aujourd'hui se double d'un adoubement lui aussi paradoxal.

Toi aussi, mon fils pourrait être le mot de la fin du quinquennat de F.Hollande. Mettre sur orbite un parfait inconnu et lui donner les clefs du pouvoir sera sans doute tout ce que l'on retiendra de ce président qui se voulait normal, ce qui ne veut rien dire. Il l'a été, avec les faiblesses des gens ordinaires, les petites et les grandes lâchetés, les petites et les grandes trahisons, les manquements à l'éthique, il y en eût peu mais non, vraiment, je pense que le costume était trop grand pour lui. La monarchie présidentielle française demande des personnages non au-dessus des autres, juste différents, singuliers dans lesquel(les) on a envie de se reconnaître, Bonaparte au pont d'Arcole, avant qu'il ne devienne Napoléon. Je me garderai bien de parler de l'âge du capitaine élu, qui ne fait pas une politique, ni de son itinéraire, express, qui ne garantit rien sur la qualité des futures mesures dont on connaît les grandes lignes, fleurant bon les vieilles rengaines libérales, déjà appliquées ailleurs, dévastatrices sur le plan social et tout bénéfice pour les classes possédantes, surfant habilement sur l'individualisme et le mythe de l'entreprise individuelle, stade ultime de l'accomplissement personnel, tout ceci se terminant par un statut d'auto-entrepreneur, sous prolétariat cumulant toutes les précarités, au service d'entreprises dont ils ne sont que les sous-traitants. Ce monsieur, qui méprisait le suffrage universel il y a peu, est un intellectuel brillant doublé d'un manoeuvrier hors-pair, ce qui fait de lui un homme politique assez classique. Il y a du Mitterrand qui sut en son temps rouler dans la farine un Parti communiste trop content d'arriver au pouvoir et ne vit pas le piège se refermer avec l'abandon (prévisible) de la politique généreuse des premiers mois, retour au "réalisme" libéral, déjà à l'oeuvre, avec les résultats que l'on connaît. Macron n'a pas besoin d'étouffer le P.S, c'est déjà fait, et la droite classique, elle est atomisée, façon puzzle, chacun jouant sa partition. C'est un pur bonheur de machiavélisme politique. Il y a Macron, assemblage hétéroclite d'outils de pouvoir avec, à sa gauche, La France insoumise et à sa droite, le Front National. La traduction électorale aux élections législatives sera intéressante à suivre et reste très incertaine. Le vrai renouvellement ne se trouve pas dans les tractations de La République en marche avec les débris, de la droite, du centre ( ah Bayrou !) et du P.S, avec à la baguette, un ancien ministre, rompu à l'exercice des investitures.

Chez Mélenchon, le renouvellement du personnel politique est réel et spectaculaire. C'est du jamais vu. J'ose espérer que les français transformeront l'essai de la présidentielle et feront abstraction du manque d'expérience de beaucoup de ces candidats. C'est en tout cas d'une grande honnêteté politique et inaugure une nouvelle façon d"envisager la citoyenneté.

Illustration: Santa Maria del Croce, église de Florence abritant la sépulture de Machiavel aux côtés de Michel-Ange et de Rossini.

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