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01 Jun

De la relativité des lois

Publié par gilles cochet  - Catégories :  #HUMEURS

De la relativité des lois

Les pratiques sont légales. Le droit régit toute vie dans une société sophistiquée comme la nôtre, il est censé rendre la vie plus facile aux gens démunis. La justice étant aveugle, chacun peut s'en remettre à un jugement impartial dans toute affaire opposant, par exemple, un puissant à un misérable, un homme à une femme, un blanc à un noir, etc... Toute notion de légalité est, par nature, neutre et se doit, par son énoncé, d'être comprise par toute personne sachant lire et écrire. Elle doit se reposer sur le bon sens, sur une éthique inaltérable, à géométrie invariable, que ce soit dans le temps, dans l'espace géographique déterminé pour son application par des personnes d'une probité à toute épreuve. Toutes ces conditions réunies restent toutefois insuffisantes, l'émotion et l'affectif doivent être absentes des débats et là seulement, l'appareil juridique pourra statuer. A l'énoncé de ces voeux pieux, on se rend compte de l'impossibilité d'une justice équitable. Ce n'est qu'un principe philosophique.

Quand nous entendons des hommes et femmes en responsabilité évoquer le principe de légalité pour justifier une mesure politique, excuser un comportement, nous ne pouvons que nous incliner si nous rentrons dans cette logique, elle est imparable. La remise en question de ce principe ouvre d'autres perspectives, relativise considérablement la portée de n'importe quelle loi. Un texte voté hier peut demain s'avérer caduc au vu de l'évolution de la situation sociale ou politique. L'exemple-type est l'état d'urgence, loi d'exception votée en des circonstances exceptionnelles. Se justifie-t-elle encore aujourd'hui ? Je ne sais pas mais la question peut se poser, notamment dans son application quotidienne en dehors de son champ d'action initial. Il est tentant pour un pouvoir en place de légitimer un texte basé sur des circonstances difficilement contestables, jouer sur cette corde sensible, stigmatiser ses contempteurs et rendre ces pratiques "normales". Nous sommes attaqués, vous avez peur, nous vous défendons, laissez-nous travailler, ayez confiance. 

L'état d'urgence est un cas d'autant plus exemplaire qu'il joue sur la peur collective, facilement entretenue par les médias. Le changement de président n'y a rien changé, chaque attentat rajoute une couche de stress. C'est reparti pour six mois.

Je reviens à ma première phrase, elle concerne l'affaire Ferrand. Certains chroniqueurs considèrent cette affaire comme bénigne, artificiellement gonflée, élections oblige. Peut-être mais la réaction du premier ministre m' a fait sourire : ces pratiques sont légales donc laissez le tranquille. Le mélange des genres, cumul de postes du secteur privé et mandat électif est normal, juridiquement parlant. Les lois, comme je l'ai déjà, sont relatives, vieillissent vite et aujourd'hui, ce monsieur raisonne comme avant, tout en dirigeant un gouvernement qui propose une loi de moralisation de la vie publique. Nous sommes, me semble-t-il, dans une distorsion étrange entre des faits liés à la force de l'habitude et une volonté, réelle ou feinte, de modifier des pratiques ancestrales.Monsieur Ferrand clame son innocence, sans doute est-il sincère, mais il se trompe d'époque,

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