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29 Jun

La pensée complexe du prince

Publié par gilles cochet  - Catégories :  #HUMEURS

La pensée complexe du prince

Le code du travail ne va pas tarder à exploser.

Deux mesures à elles seules vont changer radicalement le quotidien des travailleurs, en poste ou en recherche d'emploi.

Le futur "CDI de projet", émanation du MEDEF, donne une souplesse totale aux patrons pour l'embauche et le licenciement , s'inspirant de ce qui se passe dans le BTP. Les durées d'emploi ne sont pas fixées au départ, par nature, seront appliquées à tous corps de métier. On peut en effet attribuer le nom de projet ou de chantier à n'importe quel travail et estimer que celui-ci est clos quand la mission, préalablement définie est terminée. Il est imaginable qu'un patron puisse changer la nature de tel ou tel chantier par simple souci de dégraissage ou sur pression des actionnaires. C'est la porte ouverte à toutes les interprétations. Par expérience, le monde du travail connaît l'usage qui est fait des lois par les responsables d'entreprise, notamment les DRH, serviteur docile au nom si révélateur. Pourquoi tant de précipitation dans l'application de cette mesure ? La France serait-elle au bord du gouffre alors qu'en 2016, les investisseurs étrangers ont préféré notre pays à tout autre en Europe ? L'intox bat son plein sur les charges d'entreprise, frein à notre compétitivité, impôts trop lourds et autre "state bashing" en bon français. L'école néo-libérale s'éclate, elle a le pouvoir politique, elle EST le pouvoir politique.

La deuxième mesure, demandée par le MEDEF, concerne les négociations salariales. Passer des accords de branche aux accords d'entreprise revient à livrer pieds et poings liés les salariés au bon vouloir des chefs d'entreprise. Diviser pour mieux régner, tronçonner la représentativité syndicale, déjà mal en point, pour mieux dicter une politique salariale, les syndicats patronaux applaudissent avec ferveur, leurs voeux sont exaucés. Que pèse un salarié, quelque soit la taille de son entreprise, souvent sans représentation syndicale, face à un entrepreneur, au fait des lois et défendant sa propriété ? C'est un retour aux fondamentaux de l'exploitation d'antan avec, en sus, un discours faussement copain-copain, la tape dans le dos et le poignard dans l'autre main. L'univers des start-up n'est pas un monde de bisounours, beaucoup d'appelés, peu d'élus. Le changement de discours ambiant laisse à penser que tout un chacun sera demain son propre patron, c'est flatteur mais c'est faux.

Méfier vous de ce discours qui nous a apporté le statut d'auto-entrepreneur, stade ultime du travailleur pauvre, hors des statistiques du chômage. C'est exactement ce qui se passe en Grande-Bretagne et aux USA, modèle social s'il en est.

Image du jour : cadran solaire sur le mur de la maison que nous habitions...

 

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