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11 Mar

Un dimanche à la campagne

Publié par gilles cochet  - Catégories :  #HUMEURS

Un dimanche à la campagne

J'habite en ville, entre béton et bitume. J'aime bien même si je râle de temps à autre, le bruit de fond me rassure, le sentiment d'être moins seul, cette fausse proximité a trompé des millions de gens avant moi. Ayant grandi à la campagne, j'en ai apprécié la tranquille sécurité jusqu'au jour où je découvris les lumières de la cité, les salles obscures, les jolies filles et les paroles faciles, les vitrines opulentes et le mouvement perpétuel. L'ivresse m'envahit très vite, la tête me tourne et mes repères campagnards sautent comme autant de boutons de chemise mal fixés. La rue est resté très longtemps pour moi un spectacle permanent, une mise en scène virtuose aux multiples acteurs, jouant exclusivement pour mon bon plaisir. Tout ce monde dans le même lieu, se croisant, s'apostrophant dans un bruit incessant relevait du miracle, d'une multiplication, non des pains, mais des êtres. Dans mon village, croiser une personne sur le chemin de l'épicerie obligeait à la conversation, deux , une coïncidence, au delà, impossible, cela devenait suspect, un évènement se préparait, coup de tonnerre dans un ciel d'été, les métaphores naturelles siéent à la vie rurale. J'ai souvent eu de ces conversations informelles sur l'extraordinaire "qualité de vie" que l'on l'on trouve dans ces "charmants" petits villages parsemant nos campagnes françaises, avis émanant de gentils citadins s'extasiant sur l'harmonie architecturale d'une ferme bretonne ou d'un mas provençal, habitant eux-mêmes au coeur de Paris dans un splendide immeuble haussmannien, interphone et concierge compris. Ma fascination adolescente pour le pavé urbain et ma grande méfiance vis à vis des écologistes type années 70 viennent d'une enfance, certes heureuse, mais constellée de frustrations; l'éloignement géographique nous sevrait des dernières modes, musicales, vestimentaires et des contacts que l'on supposait fructueux avec les personnes du sexe opposé. Ce n'était pas le bagne mais l'ouverture sur le monde ne se fit que très graduellement, avec une grande naïveté, celle du"plouc" qui sort de sa cambrousse. Aujourd'hui encore, après plusieurs décennies de vie citadine, je découvre dans certaines lectures, la vie des gamins des villes, difficile parfois, l'apprentissage féroce du trottoir et je regarde derrière moi et vois une enfance bien douce, protégé d'initiations par trop adultes.

Le fragile équilibre entre ces deux univers ne fut pas rompu et je pris mon tour dans le maelstrom mécanique, gardant maintenant le recul nécessaire par quelques escapades bucoliques. Ma fascination enfantine s'est déplacée vers les mégapoles, excroissances monstrueuses de la folie des hommes.

Ceci est une autre histoire dont je vous conterai les méandres.

 

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