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21 Mar

Un jardin de sable d'Earl THOMPSON chez Monsieur Toussaint Louverture Ed;

Publié par gilles cochet  - Catégories :  #LIVRES

Un jardin de sable d'Earl THOMPSON chez Monsieur Toussaint Louverture Ed;

AVIS DE LECTURE PARU SUR BABELIO

Quand on plonge dans le Kansas au coeur de la grande dépression de 1929, il est certain que ce n'est pas pour décrire les moeurs de la grande bourgeoisie. Cumuler autant de handicaps spatio-temporels ne peut que vous assurer une histoire riche en rebondissements, tous plus pathétiques les uns que les autres. Le pays est rude en temps normal, il est implacable quand tout se ligue pour faire de vous un rebut de l'humanité , un être de trop, une erreur de casting aussi dispensable qu'une merde de chien sur un trottoir. La désespérance n'habite pas Jack, c'est un petit garçon né au mauvais endroit au mauvais moment, pas chez les bonnes personnes. Oh, ils ne sont pas méchants, non juste dépassés, en perpétuelle survie, alors les bonnes manières, les mots tendres n'existent tout simplement pas. Les gestes peuvent à la rigueur être interprétés, maladroits et sincères et le garçon de s'accrocher à ces manifestations trop rares d'une affection noyée dans un océan de misères. La langue ici participe de cette violence sociale et affective, crue et vulgaire dans le choix des mots, volontairement choquants mais il en ressort une tendresse que l'on éprouve, une empathie qui nous envahit au fil des pages. Nous cherchons en permanence des solutions à ce bourbier moral, nous partageons les diatribes du grand-père, récriminations imagées sur l'incompétence et la cupidité des décideurs politiques. Nulle analyse, j'ai vécu, moi, monsieur, je suis né au sortir de la guerre de Sécession et regardez où nous en sommes. Il apprend, le petit, ce qu'est le combat de la vie, la nécessité vitale de ne rien lâcher mais c'est un enfant et sa mère...
Sa mère,le feu aux fesses, son beau-père, affreux jojo et la descente aux enfers se poursuit, inexorable, avec son cortège de petits plaisirs, d'interdits qui n'en sont plus, on n'a pas le choix, l'amour seul peut me sauver, mais pas celui-là, et pourtant si, il le sauve, contre toute attente.
Comment fait-il dans ce cloaque pour ne pas sombrer dans la folie ? L'invraisemblable instinct de conservation qui le tient debout est un miracle permanent et, après tout cela, on suivrait Jack au bout du monde.
Roman magnifique, haut en couleurs, sombre et rempli d'espoir, version trash des Raisins de la colère, même époque et sans effets de manche.

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