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04 May

Zola, Musso même combat

Publié par gilles cochet  - Catégories :  #HUMEURS

Zola, Musso même combat

Vous avez remarqué que je ne fais jamais de critique de film. C'est d'autant plus étrange que j'ai eu depuis l'adolescence jusqu'à l'âge adulte, pendant vingt ans environ, un cahier dans lequel je notais les films vus au cinéma avec plusieurs notes, scénario, composition, musique, mise en scène. J'adorais ça, ce qui donnait des moyennes d'ordre scolaire mais c'était mon truc. J'ai gardé ce cahier à spirales , petits carreaux, 4 lignes par film, une grande colonne à gauche pour le titre , une petite au milieu pour les notes et la moyenne, et à droite, nom des acteurs et genre cinématographique. J'étais un cinéphile assidu, deux fois par semaine, en VO toujours. Aujourd'hui, je vis dans une ville avec une trentaine de salles, près de chez moi mais non, et vu la nullité et les multiples rediffusions télévisuelles, je vois peu de nouveaux longs métrages. La fin d'une passion ou un mauvais moment à passer, à suivre. Je lis une quarantaine de romans par an, ce qui me rapproche de mes jeunes années, quand je dévorais les auteurs les uns après les autres. Ma boulimie touchait les classiques, Zola, Dostoeïvsky, Hemingway et beaucoup d'autres. Aujourd'hui, les étals de librairie proposent des nouveautés par centaines. Le choix s'avère d'autant plus difficile, que toutes les quatrièmes de couverture crient au génie.

La connaissance du sérieux d'un éditeur, son registre, quelques articles bien choisis dans la presse évitent de perdre son temps sur quelques sous-produits ou auteurs tendances du moment. De nouveaux éditeurs apparaissent, passionnés chercheurs d'inédits non encore traduits. L'espoir d'un renouvellement de la production littéraire reste vivace, ce métier est un artisanat, fruit d'un travail insatiable de recherche ou d'accompagnement de nouveaux talents d'écriture. Le monde industriel et formaté existe dans ce milieu, où les modes changent très vite, épuisent un auteur en quelques mois, le Feel good Book, genre facile à lire, issu d'ateliers d'écriture, au schéma narratif linéaire, débordant de clichés rassurants.

Ce qui est positif est l'apport de nouveaux lecteurs par ce biais. Je me garderai de porter un jugement, c'est déjà fait, mais le passage à l'acte de lecture nécessite un effort, en soi aujourd'hui lire n'est pas le premier réflexe de loisir., il nécessite un décryptage de signes écrits sur plusieurs feuilles de papier, d'y apposer des images, les siennes, et de les faire vivre. C'est un média chaud, interactif, qui ne peut vivre sans son récepteur. Un livre qu'on ne lit pas est mort, au contraire d'un film, images qui bougent qui touchent votre rétine, atteignent votre cerveau, que vous soyez d'accord ou pas. La passivité est le chemin le plus court de l'addiction visuelle, qui vous détourne de l'effort, vite récompensé, d'une lecture enrichissante.

Pour dire quoi, je ne sais plus trop, lisez, les images que vous fabriquez valent cent fois celles créées par les autres, car ce sont les vôtres

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