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11 Nov

Peuple et progrès : oxymore ou pléonasme ?

Publié par gilles cochet  - Catégories :  #HUMEURS

Peuple et progrès : oxymore ou pléonasme ?

Waouh ! Quel titre pour un papier, rien de glamour dans cette interrogation. Vous avez quatre heures !

Quelques lignes suffiront à l'heure où la France d'en bas s'agite, découvrant le sentiment de jubilation et de toute puissance que provoque la montée d'adrénaline avant un évènement fédérateur, une grande messe rebelle, catharsis nécessaire permettant d'évacuer des mois de frustration et de privations. La parole se libère, enfin les non-dits explosent à la figure de nos gouvernants, qui vont voir de quel bois se chauffe le peuple de France, dans la grande tradition de ces mouvements dits " spontanés", légitime accumulation d'envies non satisfaites, de brimades vexatoires, victimisation montée en épingle sur les réseaux sociaux, le tout dans un grand silence des médias traditionnels, aux ordres, comme chacun sait, des grands argentiers du CAC40 et d'ailleurs. Le facteur déclenchant est l'augmentation  du prix du carburant à la pompe, justifiée par la transition écologique, selon nos gouvernants, du gasoil, pour être précis, ce qui pénalise lourdement tous ceux dont la voiture est un outil non de travail, mais pour aller travailler. Sociologiquement, cela touche les habitants de nos campagnes, des petites villes, là où les services de transport en commun sont quasi absents, là où les salaires sont les plus bas, où les commerces et services ont été "concentrés" dans les zones urbaines existantes. Sans voiture, point de salut.

Je comprends; j'habite à la campagne après plusieurs décennies dans les grandes agglomérations et je n'ai jamais tant pris mon véhicule, j'ai un Diesel, récent et je passe à la pompe ...souvent.

On peut se poser la question de la naissance de ce genre de mouvement revendicatif, transversal. Qui organise, qui structure le mécontentement ? Il y a toujours des mains secourables et des oreilles attentives pour "fédérer",  c'est louable, éviter les débordements inappropriés donne une connotation responsable, mot très en vogue, et sécurise, autre mot en vogue.

Trop de taxes nous asphyxient. Le discours n'est pas nouveau, il a fait les beaux jours du CID UNATI, mouvement des années 60, petits commerçants pour qui l'Etat était l'ennemi à abattre, celui qui leur volait le fruit de leur dur labeur, même discours chez les artisans,et généralement repris par certains partis politiques, à droite souvent pour lesquels l'initiative individuelle se trouvait entravée par une omnipotence d'un état tout puissant, dont les représentants, les fonctionnaires, étaient voués aux gémonies, fainéants payés à ne rien faire., ça ne vous rappelle rien ?

Je reviens à ce qui nous préoccupe aujourd'hui : trop de prélèvements obligatoires, 23% pour être précis. Sur les réseaux sociaux, il serait judicieux de ne pas tout mélanger. Sur la base d'une revendication sur l'augmentation des carburants, on en profite pour amalgamer les charges sociales, sécu, retraite, qui n'ont rien à faire ici, à moins de vouloir remettre en question tout le système social français basé sur une solidarité inter-générationnel. Les 300 euros de différence entre le SMIC brut et le SMIC net ne sont pas des taxes, on le sait tous. Ce discours anti-état trouvera, soyez-en convaincus, un écho favorable dans les milieux patronaux et chez les actionnaires pour qui l'Etat reste l'ennemi à abattre et ce, depuis que le capitalisme existe.

Vous pouvez vous plaindre de payer votre essence trop chère, c'est normal mais, s'il vous plaît, ne donnez pas de grain à moudre à ceux qui n'attendent qu'une seule chose: la privatisation de services publics, la santé notamment, l'éducation, etc... vous pouvez ne plus cotiser à la Sécurité sociale, abandonner le système de répartition des retraites, c'est vous qui voyez. Les acteurs économiques du privé sont là, ils piaffent d'impatience et vous ferez le calcul à la fin du mois, demandez aux salariés américains ce qu'il en coûte de se soigner dans le pays le plus riche du monde et d'envoyer les enfants dans un système éducatif qui tienne la route.

La légitimité d'un mouvement populaire n'assure pas un avenir radieux, ni un progrès social automatique, loin s'en faut, il peut être un défouloir salvateur dans l'instant, régit par l'émotionnel et ensuite ?

La question est ouverte, les réponses se font attendre...

Merci de m'éclairer

Image : quand la voiture faisait rêver: Bugatti

 

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