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10 Apr

Un grand absent : Le patronat

Publié par gilles cochet  - Catégories :  #HUMEURS

Il y a eu un grand débat en France ces derniers mois. Deux, pour être plus exact, celui du gouvernement et celui des gilets jaunes. Pas le même public, on s'en doute.

Tous sont d'accord pour faire évoluer une société que l'on dit bloquée, où la communication ne passe plus entre ceux qui décident et les autres, je me réfère au plan politique, le désamour est complet entre les citoyens et ses représentants. Tous font le constat d'un désengagement de l'Etat en tant qu'acteur de la vie économique, l'initiative privée doit prendre le relais d'un service public qui coûte cher, tel est le credo d'une pensée libérale décomplexée. Il faut bien le dire ici, la mayonnaise prend dans la critique à peine larvée des fonctionnaires privilégiés, des régimes spéciaux qu'il faut supprimer et des élus "tous pourris", dans un joyeux mélange des genres que n'aurait pas renié le populiste Poujade dans les années 50, représentant des artisans et commerçants de l'époque. Le populiste qu'il était tenait a peu près le même discours sur un Etat trop gourmand, sur le trop plein de fonctionnaires et les taxes diverses qui étranglaient l'initiative privée de "ceux qui se lèvent tôt", comme disait Sarkozy. C'est curieux, ce discours qui réapparaît dans la bouche de ceux qui voulaient faire de la politique autrement, d'un Macron, ni de droite, ni de gauche, ailleurs sans doute. Il discute, ce président, il débat, mouille la chemise, noie le poisson (un peu) mais ne lâche rien sur l'essentiel. Il déplace les préoccupations, devient gaullien ( je vous ai compris), occupe l'espace médiatique avec son premier ministre, envoie le roquet de service taper sur les anciens qui manifestent en les traitant d'irresponsables, donneur de leçon en plus ! Le discours du trop d'état, du trop de taxes, il le fait sien, ça tombe bien, c'est ce que l'on vous propose, moins d'impôts, taxe d'habitation supprimée, l'ISF ne sera pas rétablie, nous sommes d'accord sur l'essentiel.

Et pendant ce temps-là, les gilets jaunes sont toujours là, moins nombreux certes, et la police tape dessus, plus fort, en toute impunité, les lois liberticides se succèdent. Marginalisés par les médias, les G.J sont présentés comme de dangereux activistes manipulés qui ont refusé la main qu'on leur tendait, une discussion ouverte à toutes et à tous, les ingrats !

Un grand absent des débats ; le patronat.

Sans vouloir faire du mauvais esprit, il me semble que la précarité, les bas salaires, les CDD à répétition, l'évasion fiscale, l'accroissement des inégalités, toute cette perception que ce monde n'est pas juste, le sentiment croissant que si l'on naît du mauvais côté, c'est cuit, la vie ne sera qu'une suite de galères, tout cela, on le doit à qui, si ce n'est à une classe sociale, de possédants, de cadres dirigeants qui apprennent dans les grandes écoles à considérer le peuple travailleur comme une variable d'ajustement au même titre que le prix d'une matière première, tous semblent oublier une évidence : il n'y a plus qu'un seul credo, le libéralisme économique. Il ne sera pas question dans les conclusions de ces grands débats des liens de cause à effet entre la misère des uns et la richesse des autres et, j'en suis fort triste, y compris chez les G.J.

La lutte des classes semble moribonde dans les discours, omniprésente dans la réalité.

Bonne soirée.

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