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18 Dec

Je parle beaucoup, j'écoute aussi...

Publié par gilles cochet  - Catégories :  #HUMEURS

Je parle beaucoup, j'écoute aussi...

Bon, un mouvement social contre un projet de loi sur les retraites, un de plus, mené par des amateurs, un délégué ripou, des technocrates comptables hors des réalités et des syndicats ne représentants qu'eux-mêmes ( quelques pour cents de syndiqués en France). Dernière nouvelle, le nouveau délégué chargé de négocier est un ex-DRH d'Auchan, tout un symbole, la grande distribution est bien connue pour sa politique sociale. C'est primaire, ce discours, nous n'en sommes plus là, c'est le quotidien de chacun et chacun regarde son voisin avec envie ou jalousie, soupçonnant celui-ci d'avantages supérieurs aux siens. Il est là aussi, le souci, dans cette suspicion généralisée sur les supposés privilèges de gens ordinaires. Mettre en avant les "régimes spéciaux ", moins d'un quart des actifs, est très habile, jetant en pâture leurs bénéficiaires, ce qui permet de dévier l'attention des vrais profiteurs du système, quelques amis du pouvoir en place, gens discrets, jouant de leurs réseaux pour mieux tirer les ficelles et manipuler l'opinion, propriétaires de la quasi-totalité des médias privés, bichonnant les brillants esprits, chroniqueurs grassement payés mais ceux-ci sont la partie émergée de ce cet univers feutré, vrai détenteur du pouvoir dont Macron et ses technos ne sont que les marionnettes. Au café du Commerce, il serait trop long et inutile d'expliquer en quoi ces gens, que l'on ne voit pas, dont on ne parle pas, sont les vrais responsables de leurs soucis de fin de mois, le simple fait de commencer à analyser vous priverai de vos interlocuteurs, l'anathème et le ressenti faisant fonction d'argumentation politique. Il y a bien longtemps que la conscience politique a disparu de ce pays, laissant le champ libre aux formations sans programme, à la phrase facile, aux slogans primaires et à l'imagerie simpliste.

Quel est le rêve de tout un chacun ? Qu'attend le citoyen de France aujourd'hui ? Et en quoi le pouvoir politique peut-il lui apporter les réponses qu'il souhaite ? Il y aurait beaucoup de questions à poser sur l'avenir qui se dessine, ne pas éviter les sujets qui fâchent, les remises en question nécessaires et les inéluctables constats d'échec qui se profilent à l'horizon. Aucune femme ou homme politique n'est suffisamment honnête ou suicidaire pour dire à ses potentiels électeurs que demain sera moins agréable qu'aujourd'hui, qu'il faut regarder hors de nos frontières, que nous ne sommes pas seuls sur Terre, que non, les migrants venus d'ailleurs ne viennent pas nous prendre notre boulot, juste chercher refuge, que nous vivons, nous, Français, Européens sur le dos du reste du monde depuis des siècles, que nos acquis, notre culture, notre richesse, nous nous devons, nous allons être obligés de la partager, de rendre ce que nous avons volé, nous, colonisateurs, avec les Anglais, Espagnols, Portugais, au nom de Dieu et du Roi, de la République ensuite porteuse de lumière ( tu parles !), que le modèle économique ainsi propagé n'était viable qu'à l'époque où 10 % des habitants de cette planète vivaient aux dépens des 90% restants. Ce modèle, s'il a fait rêvé, vire au cauchemar car tous veulent y goûter, de l'Inde à la Chine en passant par l'Afrique et ce n'est pas possible ! Et nous alimentons encore et encore la machine à rêves, source inépuisable de profits à court terme, nous creusons la tombe de nos enfants et ce n'est pas tant l'état de la Terre qui me navre , elle sera encore là après nous, c'est qu'il aurait pu en être autrement.

Le discours sur les retraites, les mouvements qui en découlent ne sont pas la priorité, il faut changer de paradigme, redéfinir le rôle du politique, lier l'écologie à l'économie, traiter les causes, pas uniquement les conséquences. Sans remise en question fondamentale du système économique, l'écologie politique ne restera qu'une caution de bonne conscience du capitalisme. L'écologie de droite n'existe pas, le libéralisme est AUSSI une idéologie, prédatrice et destructrice, elle doit être combattue également dans les partis d'obédience environnementale. Le libéralisme qui ravage la planète aujourd'hui est né en Europe au 18ème siècle, il est de notre responsabilité d'être force de proposition, réellement, de proposer une réelle remise en question des fondamentaux qui régissent le monde des relations humaines, non pas à courte vue, mais sur le long terme, dans l'urgence, non dans la précipitation.

Bises

 

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