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30 Apr

Jour 45 de la Grande extinction à Laurenan, il est 7h08, nous sommes le 30 avril 2020

Publié par gilles cochet  - Catégories :  #HUMEURS

Jour 45 de la Grande extinction à Laurenan, il est 7h08, nous sommes le 30 avril 2020

J'ai vu ce matin qu'un faon avait été sauvé à Laurenan. Leçon de vie pour les enfants, bravo aux parents et claque au passage aux viandards de tous poils.

J'étais plongé hier après-midi dans un roman fleuve américain ( Aux USA, il n'y a pas que Trump) dans l'après-guerre, itinéraire d'un fils de la Grande dépression de 1929, pas gâté par la vie, sans filets, comme seul ce pays laisser ses enfants, du style "ce qui ne te tue pas te rend plus fort", lamentable aphorisme justifiant l'exploitation des plus faibles par quelques ordures patentées. Je me demandais si les enfants fabriqués pendant ce confinement auront à subir ce genre de cursus puisqu'on nous dit que notre vie ne sera plus jamais la même, que ce soit pour se serrer la ceinture en travaillant plus (dixit patron du MEDEF) ou de ne plus prendre l'avion parce que ça pollue, dixit les Verts, mais les gens d'ici continueront à prendre leur voiture pour le moindre acte de la vie sociale, vous m'expliquerez comment on peut prôner un retour à la campagne dans ces conditions.

Les petits enfants qui naîtront, ceux qui naissent (il y en a), à ce propos, je voudrais connaître le nombre de naissances depuis le début de l'épidémie, je n'entends parler que de morts et de malades, allo, combien de naissances depuis le début de l'année ? Merci.

Les enfant nés en 2020 verront le 22ème siècle, normalement, 80 ans c'est jouable sauf cataclysme climatique ou virus tueur, les deux sont liés paraît-il, ce qui me fait dire que faire des mômes aujourd'hui, il faut être un peu joueur, un peu risque-tout, un peu égoïste aussi, un bébé du corona, adulte sur une planète surchauffée, confiné la moitié du temps, au boulot en sortant, fini les couchers de soleil sous les cocotiers, en photo seulement ou dans les documentaires animaliers d'ARTE, obligatoires d'ici peu, quand les avions seront définitivement cloués au sol. Les collapsologues, ceux qui prédisent l'apocalypse, s'en fichent un peu, ont un certain âge, pris l'avion, vu les cocotiers, les pyramides d'Egypte (rêve récurrent) et vous décrivent un monde moribond et sinistre pour le siècle prochain. Réfléchissez à deux fois avant de faire des petits, il se pourrait que la fin de vie de ces êtres humains ressemblent à celle entrevue dans le film "Soleil vert", vieux film de 1973, dystopie effroyable dans laquelle l'euthanasie est obligatoire, mort programmée dans une chambre avec écran géant projetant des images de nature depuis longtemps disparue, sur une musique de Beethoven, la Symphonie pastorale, si ma mémoire est bonne.

Ce que j'écris là vous paraît excessif, délirant. Je ne sais pas mais un déluge de discours mortifères ne va pas nous aider à créer un monde nouveau.

J'ai grandi à la campagne, et les trois quarts des objets qui m'entourent aujourd'hui n'existaient pas. J'ai survécu et j'ai goûté par la suite les joies artificielles du consumérisme compulsif, jolie voiture et beaux habits, joies qui habitent plus que jamais nos contemporains plus jeunes que je ne suis aujourd'hui. Allez expliquer à ceux-ci les joies de l'ascétisme militant pour cause d'inconscience collective d'un monde finissant.

" Nous n'héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l'empruntons à nos enfants"... s'il y en a.

 

Bises virtuelles

 

Image :  Australie 2019

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O
Le film "Soleil Vert" est sorti quand j'avais un douzaine d'années. A l'époque, c'était déjà l'un de mes films préférés. Précision quant au scénario; l'euthanasie y est effectivement obligatoire du fait de la surpopulation mais aussi de la pénurie de nourriture. Je n'en dirai pas plus pour celles et ceux qui voudraient voir ce film (prophétique?). Dans le même genre mais plus récent, je te conseillerai, si tu ne les a pas déjà visionner, "The road" et surtout "Les fils de l'homme". Ce dernier dépeint notre monde dans un future proche totalement chaotique. Camps de réfugiés hors de contrôle, effondrements écologiques, attentats terroristes, délation encouragée... A mes yeux, cela se déroule déjà sous nos yeux d'aveugles dans certaines régions du monde et la gangrène se répand. Mais ce n'est qu'un film avec, au demeurant, une cinématographie époustouflante.
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