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27 May

Compagnons de Louis GUILLOUX aux Ed du Centenaire

Publié par gilles cochet  - Catégories :  #LIVRES

Compagnons de Louis GUILLOUX aux Ed du Centenaire

Avis paru dans BABELIO

 

L'ouvrage que j'ai lu hier soir est "Compagnons", petite chronique sociale, préfacée par Albert Camus, ami de Louis Guilloux. Il s'agit d'une longue nouvelle qui conte une histoire ouvrière de l'après guerre, après la première guerre, l'effroyable boucherie qui accouchera de la deuxième, par ses humiliations infligées aux vaincus. Mais les victimes restent toujours les mêmes, les gens de peu qui meurent sur le coup, hachés par la mitraille, ou à petit feu, broyé intérieurement par les horreurs qu'ils ont eu à supporter, les privations de toute sorte. Ce peuple qu'on assassine avait une vie avant la guerre, il tentera d'en avoir une après, au moins ceux qui en reviendront en état de travailler, oubli nécessaire pour la subsistance, oubli indispensable, effacement d'images contre-nature. Nos héros de ce texte sont d'honnêtes travailleurs du bâtiment, compétents, vivant correctement de leur labeur dans leur petite entreprise.
Le malheur rôde, la mort lentement fait son nid chez l'un deux, qui ne dit rien, dur au mal, mais il ne peut, un jour surmonter sa faiblesse physique, il le peut toutefois, l'espace du trajet qui le ramène chez lui, à bicyclette. Jamais il ne retrouvera le chemin des chantiers et la camaraderie de ses compagnons de travail. La souffrance le cloue au lit, fiévreux, il accepte à contre coeur l'aide de ses amis de travail. Il se sent "partir", c'est donc ça , mourir, bienheureux, il s'endort, le lendemain le trouve plus affaibli que jamais, l'hôpital est le seul refuge qui lui reste, peur de ce lieu funeste dans son souvenir de fils et de soldat.
Il n'en sortira pas vivant, la mort a rempli son oeuvre.
Louis Guilloux est un écrivain de la souffrance comme baromètre de la vie, à l'aune de laquelle chaque homme se mesurera tôt ou tard, révélant à cet instant sa vraie nature, digne ou désespéré, silencieuse ou braillarde.
Le tour de force est, dans ce texte, de nous intégrer dans l'agonie de ce malheureux, partageant avec ses compagnons son infortune définitive.
Du grand art.
Merci monsieur

Image : Boston 2016

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B
merci pour ton écrit des mots sur les maux dans cette nouvelle de Louis Guilloux, - oui du grand art , de l humanité, de la souffrance cachée chez ces ouvriers habitués à la lourde tâche dans le silence et la misère humaine de cette époque : un constat , aucun reproche à la vie , quelle abnégation!
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