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25 Jul

A Laurenan, il pleut. Il est 17h46 ce samedi 25 Juillet 2020

Publié par gilles cochet  - Catégories :  #HUMEURS

A Laurenan, il pleut. Il est 17h46 ce samedi 25 Juillet 2020

Obsédé par le virus ?

Moi ? Non, mais celui-ci a sérieusement perturbé mes projets de vie pour cette année et sans doute la suite. Ca m'obsède "en creux", l'impossibilité de franchir les frontières lointaines va à l'encontre de ce que j'avais prévu. Dans les semaines qui viennent, le déménagement va m'occuper, l'emménagement encore plus et les incertitudes qui vont avec. Deux ans ici ou presque, une mort lente, des références qui sautent, des pans de mémoire s'effondrent et quelques illusions de plus s'en vont rejoindre le cimetière personnel des causes perdues d'avance. Se reconstruire en permanence est un vrai boulot, luxe d'un retraité en renaissance perpétuelle. Chaque jour apporte son lot d'évolutions, en fonction des rencontres, des lieux, de la musique entendue, des images visionnées, un torrent de stimulis épuise mes synapses déjà fort encombrés, le tri ne se fait plus, l'embouteillage neuronal se précise; les rêves nocturnes sont de grands moments de bonheur, le réveil un rien moins glamour, remise en ordre de la perception du réel, quelques pas vers la machine à café, actes réflexes mille fois répétés, un regard par la fenêtre m'assure de la présence de mère nature, protectrice, un brin castratrice ici, la couleur verte dégouline dans le petit matin.

Je sais, il est 18h52 mais il me plaît d'évoquer le lever de ce matin, vers 7h51 environ, nuit tranquille au comptant d'heures de sommeil, après une soirée foot, fort ennuyeuse, première depuis des lustres, stade quasi vide et à la fin, c'est...qui gagne. Bof, comme au tennis, toujours les mêmes faire-valoir. Une impression s'est dégagée de ce visionnage footeux, comme un souvenir du monde d'avant, vaguement insouciant, si l'on fait abstraction du stade vide, le foot est la quintessence de la vacuité, dans le jeu comme dans l'acte de se vautrer devant l'écran de télé. Un sentiment de futilité vaguement coupable m'a effleuré, comme si l'interdit avait changé, réduit les espaces de permissivité. Les discours de leaders d'opinion auto-proclamés à la légitimité toute neuve fixent de nouvelles normes, dessinent, selon eux, un monde en devenir, nécessaire vision d'un futur débarrassé du gaspillage hédoniste du monde d'avant, celui d'aujourd'hui pour quelque temps encore. Il faut que cela cesse, sous peine d'extinction massive de notre espèce invasive, futile et irresponsable.

Merci à eux, de nous ouvrir les yeux sur un passé d'insouciance coupable, je m'abimai le corps et l'esprit dans une luxure d'une société décadente et suicidaire. Je souris à cette formule qui me ramène au bon vieux temps de la guerre froide, discours langue de bois du bloc de l'Est sur l'Occident se vautrant dans le stupre et la fornication, authentique rhétorique reprenant déjà mot pour mot celle de l'Eglise en des temps anciens ou l'Inquisition chassait l'hérétique, le soumettait à la Question : Etes-vous sous l'influence de Satan ? Sort de ce corps...

De Torquemada à Greta Thunberg en passant par Béria, il semblerait que l'évolution de l'humanité nous condamne à ces procès d'intention dont le seul but serait de nous faire douter de notre innocence, de nous faire avouer ce crime impardonnable : je suis vivant.

Bises

 

Image : Californie / 2017

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