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03 Oct

Il pleut sur celles et ceux qui couchent dehors... il est 09h03

Publié par gilles cochet  - Catégories :  #HUMEURS

Il pleut sur celles et ceux qui couchent dehors... il est 09h03

Le climat du coin prend forme. De retour hier de l'expo d'Enki Bilal, trombes d'eau sur cent kilomètres. Bienvenue en Bretagne Nord, nous sommes en automne et l'eau, source de vie, nous fait bénéficier de ses bienfaits, un peu d'air, le vent envoie sa forte respiration, traitement de choc anti-virus, une forte ventilation envoie celui-ci contaminer les oiseaux de mer. Si vous ne connaissez pas la côte des Abers, Nord-Finistère, je conseille. Je n'y ai passé que quelques heures, c'est impressionnant. Un pique-nique dans la voiture face à l'île Vierge et son phare, l'écume vole, vous sortez, le vent s'engouffre dans le poncho, quelques images tremblotantes et retour à l'abri. A revoir assurément en des temps plus cléments.

Peu disert ce matin.

France-culture en fond sonore capte mon attention par le témoignage d'une responsable du Secours Populaire, du quotidien de cet organisme caritatif. La parole est claire, concrète sur la pauvreté dans notre pays, de 9 à 12 millions de pauvres, au sens défini par l'INSEE. 18% de la population a des difficultés dans sa vie quotidienne, pour se nourrir, se vêtir, se loger. Les conséquences des mesures prises depuis le début de la crise sanitaire se font sentir, augmentation de 45% des demandes d'aides au Secours populaire, gens qui n'ont jamais fait appel à un quelconque organisme. La perte d'emplois précaires plonge ceux qui les occupaient, dans une misère réelle, faute de rentrée d'argent. Je précise que la couleur de peau n'entre pas en ligne de compte dans le cas ou certains s'aviseraient d'accuser les pauvres d'à côté de piquer l'argent de "nos" pauvres à nous. C'est choquant, je sais, mais nous entendons ce discours tous les jours sans que cela ne provoque de réactions. Qu'un Mulliez ou un Arnault, soustrait des milliards d'euros à l'impôt ne choque personne, que les rares qui le dénoncent parlent dans le désert devant un parterre d'élus indifférents, que les licenciements boursiers deviennent la règle, qu'un ministre de l'économie trouve "révoltante" la fermeture d'une usine de pneus, jouant les pleureuses devant les caméras, s'empressant de passer à autre chose dès son retour à Bercy, tout ceci n'est qu'un spectacle du monde dont les spectateurs affligés atterrissent aux Restos du coeur. 

Je peux éteindre ma radio, me replonger dans la rentrée littéraire, loin des vicissitudes d'une réalité par trop déprimante, je ne manque de rien, un peu seul de temps à autre, bien peu, j'ai un toit, de quoi manger et me distraire, celles et ceux qui me lisent sont dans le même cas, nous sommes privilégiés, souvenez-vous en.

Bonne journée

Bises

 

Image : Egypte / 2008

 

 

 

 

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C
Notre maison des trois petits cochons est solide. Notre santé peut brinquebaler. Le ciel de Bretagne nous éviter les canicules. La misère est là. Des années d'attente pour ne jamais obtenir un logement social. Seules les assos humanitaires pour manger un peu, nourrir ses enfants, plus que soi-même. <br /> Misère de l'absence, hors ces assos, de solidarité, fraternité, liberté de penser à autre chose que manger, se chauffer, s'habiller en fonction de la saison. Derrière les fenêtres en soulevant le rideau, on regarde passer les pauvres. Contagieux comme le COVID.<br /> Nous savons tous qu'au-delà des assos humanitaires, sous la partie visible de l'iceberg, des personnes très pauvres ne font appel à personne. Pour revenir à ton texte récent, leur seule liberté est le refus de l'aumône. <br /> Bonne journée à toi.
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