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14 Dec

La mort rôde / 7

Publié par gilles cochet  - Catégories :  #littérature

M. tournait en effet autour de la maison. Il rappela plusieurs fois Vincent, qui ne répondait pas. Pas du genre à s'agacer, il avait confiance en son ami qui ne l'aurait pas demander de venir sans d'excellentes raisons. Ce silence était d'autant plus inquiétant que Vincent était connecté en permanence, répondait vite, ne laissant pas son interlocuteur attendre sauf cas de force majeure. Cela y ressemblait fortement. Il n'osait pas sonner à la porte de cette maison, ne connaissant pas les habitants. Il devait attendre à l'extérieur de la propriété. Une voiture était garé en bord de route, la voiture de son ami ? Il ne la reconnaissait pas mais celui-ci changeait régulièrement, une nouvelle acquisition sans doute. Inquiet, il rentra dans le parc à pied par l'entrée servant aux véhicules. Le brouillard, après s'être dissipé, refaisait son apparition, enveloppant l'édifice d'un voile blanc laiteux. Une odeur étrange flottait, fumet de cuisine, poisson aux épices peut-être, il fit le tour de la maison, pas trace de vie, aucun bruit, de l'autre côté, son attention fut attirée par un monceau de détritus dans l'herbe, elle-même couchée sur une longueur correspondant à ...un corps, grande taille. S'approchant de l'ordure supposée, une odeur âcre le fit tousser. Il se pencha pour mieux voir, découvrant ce qui était manifestement une matière organique, chair verdâtre, rien de connu par lui.

- Monsieur ? Que faites-vous là ?

M. se retourna, surpris : Excusez-moi, je cherche un ami qui m'a donné rendez-vous en face de cette maison et je suis rentré dans ce joli parc, pensant l'y trouver. Je vois qu'il n'en est rien, je ne voulais pas déranger.

- Votre ami ne prénomme-t-il pas Vincent ?

- C'est cela, oui, vous le connaissez ?

- Il me semble que ayons un ami commun, je suis Louis, un ami d'enfance, il vous a peut-être parlé de moi ?

- Non, mentit M., sentant l'individu peu fiable. Il m'a juste téléphoné pour me demander de venir et de l'attendre en face de, c'est chez vous ?

Louis acquiesça.

-Je ne me suis pas trompé, l'auriez-vous vu ?

- En effet, il est à l'intérieur, veuillez me suivre s'il vous plaît, il vous attend.

Cet homme mentait effrontément, il fallait gagner du temps et réfléchir, vite, à la suite à donner.

- Je préfèrerai le voir à l'extérieur, si cela ne vous fait rien, je suis d'un naturel superstitieux et ne rentre pas dans n'importe quel maison sans précautions spirituelles, d'où mon souhait, j'espère que vous me comprenez .

- Bien sûr, moi-même, je suis versé dans quelques occupations de ce genre, on n'est jamais trop prudent, je vais le chercher, ne bougez pas, je reviens de suite.

M. n'attends pas et marche vers la sortie par l'allée jusqu'au portillon, quand il entends des bruits de cavalcade. Il se retourne et se trouve face aux créatures. Nullement impressionné, il s'attendait à une monstruosité de ce genre, les flux dégagés par ce Louis avaient une odeur d'en dessous, de cavités malfaisantes abritant les animaux les plus immondes. Il les avait à présent face à lui, s'était préparé à cette rencontre. Il se campa fermement sur ses appuis, bras en avant, opérant des moulinets avec ceux-ci, avança pas à pas en murmurant des incantations, les volutes de brouillard tournoyèrent en un vent violent, une tornade se forma, les animaux n'eurent pas le temps d'attaquer, projetés qu'ils furent vers les hauteurs, M. leva ses bras en un geste incantatoire et les rabaissa d'un coup, fracassant les serviteurs de Louis contre le sol, en un tremblement de terre qui secoua tout le quartier. Broyés, elles se liquéfièrent avant de disparaître dans un effroyable bruit de succion, aspirés dans les profondeurs de la terre.

M; savait que ce n'était que partie remise, il fallait retrouver Vincent. Les univers parallèles étaient en marche, l'ami Louis n'était un outil destiné à manipuler le vivant, il fallait le neutraliser au plus vite. Il lui manquait quelques éléments de liturgie, il était parti précipitamment de chez lui, faire sans serait difficile.

Louis avait raison quant à son interface, la mésestimant comme tout être habité de sa propre personne, le temps était compté, chacun devait fourbir ses armes et Vincent prisonnier, ne possédant aucune clé traduisait toute l'impuissance de son espèce. L'humain était en grand danger.

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M
tu nous tiens en haleine, j'ai hâte d'être a demain pour connaitre la suite, le style est précis, on est vraiment plongé dans l'histoire, c'est palpitant..............
bonne nuit
Martine
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