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18 Mar

Lëd de CARYL FEREY aux Ed Les Arènes

Publié par gilles cochet  - Catégories :  #LIVRES

Avis paru dans BABELIO

 

Ames sensibles s'abstenir.
Je ne connais pas les autres ouvrages de Caryl Ferey, juste par ouï-dire. En 2017, il avait écrit un roman-reportage, assez court, sur la bonne ville de Norilsk, sur les rives de l'océan Arctique, qui détient le triste record de ville la plus polluée de la planète, pollution due à l'exploitation de mines de nickel et à la transformation de ce métal, hors de tout contrôle, vu la situation géographique et le climat afférent. Ce récit se déroule dans la ville susnommée, le premier opus était un repérage, prémisse d'une intrigue aux multiples rebondissements.
Au fur et à mesure, l'on descend les marches vers plus de noirceur, on franchit des degrés dans l'horreur et l'inhumanité tout en gardant un oeil sur la lumière du jour, au cas où cet univers nous engloutirait tant la véracité et la crédibilité des faits relatés semblent plausibles . Nous ne mettrons jamais les pieds dans cet endroit. Vous regardez sur internet la fiche correspondante : cette ville existe, l'industrie décrite existe, la pollution y est effarante et des gens vivent et meurent (jeunes) là-bas, alimentant un monstre industriel, né sous Staline, main d'oeuvre initiale issue des goulags tout proches.
La violence du climat, des conditions de travail en font une destination maudite, une punition pour esprits rebelles et celles et ceux qui y naissent portent en eux tout le poids d'un fatalisme, soi-disant concomitant de ce que l'on appelle l'âme russe. Ce sont des gens comme vous et moi, juste nés au mauvais endroit.
La précision dans la description de ce lieu maudit donne des frissons, l'attachement que l'on éprouve pour les personnages en est d'autant plus fort, la compassion habite le lecteur, tenu en haleine, espérant une rémission dans cette descente dans les profondeurs, démontage d'un engrenage dont on sent confusément au fil des pages que la dégringolade n'est pas terminée. A trente pages de la fin du livre, qui en compte 530, nous entrevoyons le fonds du puits . Y a-t-il un espoir en ce bas monde ?
Oui, une lumière, faible lampe à incandescence, mais...
Oui mais...
Je n'en dis pas plus sur un thriller haletant et noir, noir de toutes les saloperies respirées par les travailleurs de l'abime sibérien.
Costaud.

Image / Glacier en Islande / 2016

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