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13 May

La lettre à Helga de BERGSVEINN BIRGISSON aux Ed Zulma

Publié par gilles cochet  - Catégories :  #LIVRES

Avis paru dans BABELIO

 

En fin de vie, les bilans peuvent s'écrire ou pas, nous pouvons noircir des pages, secrète thérapie ou exposer la prose au vu et au su de tous. Quelle est la personne la plus importante de votre vie ? Celle dont vous voudriez qu'elle garde une opinion claire, libre de tout malentendu, positive ou non, peu importe, qu'elle puisse, si cela l'intéresse, vous absoudre de tous les actes malveillants dont vous vous seriez rendu coupable, par négligence, lâcheté ou égoïsme.
Une femme aimée, un ami perdu de vue, un frère ou une soeur, un fils ou une fille, existent-ils suffisamment dans votre panthéon personnel qui puissent justifier une mise à nu à leurs yeux ? Fermez les yeux et creusez en votre mémoire. A qui demanderiez-vous l'autorisation de mourir ?
Tel est le thème de cette "Lettre à Helga"
L'Islande du 20ème siècle, après-guerre, sert de décor à l'évocation de la vie simple d'un paysan vivant dans l'Est du pays.
Il aime toujours une femme, toute sa vie d'homme, il n'a aimé qu'une femme, pas la sienne, non, une autre, la femme du voisin, de l'autre côté du vallon. Elle est morte aujourd'hui. Il lui adresse une missive, post-mortem, il lui expose tous ses cheminements, vers elle, la naissance de son amour, son désir ardent, elle le savait, réciprocité, appel des sens, la nature parle par delà les interdits, s'affranchit des ragots jusqu'au jour ou... l'enfant paraît.
L'impossible choix crée le chaos en son esprit, pas longtemps, il ne peut transiger avec ses fondamentaux, tout l'amour du monde ne peut trahir le serment de la terre, d'une nature sauvage et indomptée, de traditions séculaires dans les fjords de l'Est, région oubliée des dieux, que seuls quelques hommes se doivent d'entretenir. Il en est, il est le visage humain de ce coin de terre, il construit et structure une vie sociale, ne peut sacrifier son oecuménisme sur l'autel d'un amour égoïste.
Les éléments sont comme toujours en Islande au centre des préoccupations, l'obligation de servir une terre ingrate transcende les souffrances de la vie quotidienne, seul ici, vous n'êtes rien, avec ou sans amour, mère nature vous contraint à une solidarité organique.
La dernière page du livre en est, à cet égard, la parfaite illustration.
Beau texte.
A lire

Image de couverture : L'Est de l'Islande / 2016

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