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11 Nov

La vérité sur la lumière d'AUDUR AVA OLAFSDOTTIR aux Ed ZULMA

Publié par gilles cochet  - Catégories :  #LIVRES

Avis paru dans BABELIO
 
Tout ce qui est écrit en Islande n'est pas obligatoirement exceptionnel. C'est exotique. Pour des raisons diverses, l'approche de l'existence y est plus philosophique, moins d'importance pour les petits bobos du quotidien. On comprendra facilement que les conditions climatiques assez rudes obligent à une humilité face à la nature toute puissante, et, pour ce qui concerne ce livre, la première épreuve vient en naissant.
Il est question ici de sage-femmes, De La profession la plus essentielle qui soit : aider à enfanter celles qui osent donner la vie à des êtres dans un milieu si inhospitalier. La question se pose après un constat évident: vivre ici est difficile, quelle est l'instinct qui pousse l'être humain à se reproduire, à donner en pâture aux éléments des mammifères de 50 cms de long pesant environ 3,500 Kgs ?
La tante Fifa a laissé derrière elle des centaines de pages manuscrites, ou tapuscrites en fonction de leur datation, fort imprécises, voire inexistantes. Elles narrent les questions et les réponses, imparfaites, aux questions que je viens de poser.
Dÿja habite l'ancien appartement, exécutrice testamentaire "de facto", elle s'est chargée, toute seule, De La tâche, du tri, classement et...compréhension des travaux de l'ancienne sage-femme. le passage du bébé dans le ventre de sa mère, obscur refuge, à la clarté aveuglante du monde du dehors, est rendu possible par ces femmes baptisées "mère De La lumière", premier contact du foetus devenu être humain, une tape sur les fesses, un cri, une régurgitation et c'est parti pour un chemin de croix.
La tante n'est pas tendre pour l'homme, ou la femme, elle l'est en deça de 50 cms, au-delà, c'est n'importe quoi. Ses écrits, échange épistolaire avec une alter ego galloise, tend à démontrer l'infériorité biologique de notre espèce dans le monde vivant, son mépris pour les autres membres du biotope planétaire et sa vocation à l'auto-destruction.
" L'homme doit d'abord naître pour pouvoir mourir".
Le climat islandais prête à l'introspection, à l'écriture comme la lecture. La conscience de notre précarité prend corps chez cette tante fort tôt, plusieurs décennies avant les COP diverses.
Ce serait un pensum indigeste que ce livre si l'humour en creux ne se glissait de temps à autre, tel l'australien venu de chez lui pour "ruminer", s'enquérant De La vitesse du vent. Nous avons les incendies, vous avez le vent.
J'y pense à l'instant : je suis allé dans ces deux pays. Il est dans le vrai, le vent encore et toujours pour planter une tente, désagréable dans l'Est de l'île, et la fumée dans la ville de Sydney, obligation d'aller à la plage pour respirer.
Je confirme qu'il est plus difficile de vivre en Islande et en Australie qu'en France.
C'est un ouvrage désarçonnant, vite lu, écrit pendant la pandémie, avec un je ne sais quoi de revigorant.
Comme vous le sentez.
 
Image : Glacier / Islande 2012
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