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Service militaire

Publié par gilles cochet

https://youtu.be/XEjLoHdbVeE

Non, je ne vous infligerai pas de souvenirs de bidasses avinés et braillards. J'ai quelques images de types hurlant le vendredi soir à la gare de l'est à Paris, décompressant de quelques semaines passées à crapahuter dans la neige où la boue, vous voyez le genre, les mêmes que l'on glorifie dans certains films américains, des durs de dur avec "maman" tatoué sur l'avant-bras. L'armée est devenue professionnelle, la conscription ne se justifie plus, nous ne sommes plus sous Napoléon ou sous Bigeard, plus de conquêtes, ni de colonies à écraser sous la botte. Piloter un Rafale a une autre gueule et vous pose un homme (en général), nous défendons les valeurs occidentales partout où le besoin s'en fait sentir, c'est à dire partout où nos intérêts sont en danger. Je m'égare. Je me rendais utile à la nation quelque part dans l'est de la France où la densité de casernes était censée rassurer le bon peuple et former nos jeunes, comme on disait à l'époque, en faire des hommes. Le lieu où j'officiais était très isolé et immense: c'était une ancienne base aérienne de l'OTAN d'où les américains avaient été chassés par De Gaulle en 1966. La chance, ou mon bac, m'avait affecté à un poste de chiffreur, travail sensible en période de guerre, inutile en temps de paix. Sur le plan pratique, j'avais mon petit nid à moi, privilège considérable, là où les autres vivaient en communauté forcée à 8 par chambrée. Levé une heure après les autres, je jouissais d'une cafetière et d'un frigo personnels et de ma petite bibliothèque, antidote à la bêtise ambiante, conséquence inévitable de la mise en meute d'un troupeau d'ados attardés. Comment survivre ? Je vous rassure, quelques copains bien placés vous assure l'intendance et la chambre privative m'assurait une tranquillité au moment opportun. Le seul défaut de ce havre de paix était son isolement au sein d'une base elle-même, comme je l'ai mentionné, loin de tout. Les coups de blues n'étaient pas rares et, mon pauvre monsieur, point de téléphone portable ni d'ordinateur en ce temps-là. Je vois que vous ne comprenez pas mais je vous assure, c'était...zut ! je n'ai pas cent cinquante ans. Alors quoi ? Un bon bouquin, de temps à autre, pas toujours envie et puis, la musique, toujours présente? C'est une constante la musique dans les souvenirs, partout, à toute époque et un soutien psychologique à toute épreuve. Je garde un morceau en tête de ce séjour, forcément joyeux, forcément entraînant, pas de la grande musique, non, gai, tout simplement d'un groupe "planétaire" dont j'ai vu récemment un pot-pourri au théâtre, une comédie musicale. Je vous ai mis cette chanson au début du texte. A chaque écoute, moins souvent aujourd'hui, je revois cette caserne et ses interminables allées menant au foyer, seul lieu de convivialité où ce morceau passait en boucle avec les autres tubes du moment. Après déduction, vous devinerez dans quel tranche d'âge je me situe.

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