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Eglises, châteaux et tourisme républicain

Publié par gilles cochet

Eglises, châteaux et tourisme républicain

Comme tout un chacun, il m'arrive de faire le touriste. Je dis "faire le touriste" car c'est un comportement et un choix. Je peux être un touriste sédentaire, en restant chez moi, en me posant sur mon canapé et regarder les nombreux documentaires qui meublent nos chaînes nationales. Un peu frustrant, juste le son et l'image mais il manque les odeurs, la température ambiante et votre vision personnelle. Intéressant pour les pays lointains quand on n'a pas les moyens financiers de s'y rendre. Mais restons en France, première destination planétaire du tourisme de masse. Quelle chance nous avons de vivre dans ce beau pays qui attire tant de visiteurs, fascinés par la diversité des paysages et une richesse patrimoniale inestimable, fruit d'une histoire aux multiples rebondissements. Chaque région a la sienne. Avant d'être une nation à part entière, notre pays fut une mosaïque de duchés, de royaumes éphémères et autres marquisats, pris puis perdus et repris au prix de guerres incessantes, de mariages arrangés et d'intrigues de palais dont seules les élites régnantes avaient le secret. L'essentiel de ce patrimoine est antérieur à la Révolution française, plus de mille ans de constructions sans compter sur les ruines antiques, vestiges de l'occupation romaine. Nous avons quelques bâtisses postérieures, des villes, Paris par exemple, dont on rationalisa l'anarchie urbanistique trop propice aux soulèvements révolutionnaires, conséquence inattendue de 1789 et de ses répliques du 19ème siècle. Mon propos est ailleurs. J'ai appris à l'école l'histoire de France, les rois et reines qui gouvernèrent le pays et les lieux où ils (elles) séjournèrent. A n'en pas douter, les châteaux qui parsèment notre territoire sont de toute beauté et peuvent faire la fierté des corps de métiers qui les bâtirent, ils sont l'objet de toutes les attentions, ils vieillissent et se doivent d'être entretenus, témoignages d'un passé glorieux. Glorieux ? Ils nous parlent de quoi ? D'un temps où les puissants, privilégiés de naissance, avaient le droit de vie et de mort sur l'écrasante majorité de la population, puisant leur richesse sur le travail d'autrui et le justifiant par une filiation improbable avec le tout-puissant. Avec de tels pouvoirs, il n'y a qu'à ordonner: "Tel est mon bon vouloir" disait Louis XIV. Tous ses prédécesseurs et ceux qui suivirent n'eurent de cesse que de laisser la trace de leur passage pour la postérité. Nous les remercions, les hordes républicaines qui assaillent pacifiquement ces lieux aujourd'hui vengent leurs ancêtres qui, eux, ne pouvaient les voir que de loin. C'est très curieux, cette fascination pour des gens assez peu recommandables qui, à l'échelle de nos valeurs républicaines, seraient sans doute passibles du Tribunal International de La Haye, dictateurs auto-proclamés, à la grâce de Dieu.

Sur les mêmes territoires s'élèvent de splendides églises et cathédrales, vides de croyants, véhiculant sur les murs et bas-reliefs un obscurantisme dont on admire les prouesses artistiques: l'art au service de l'asservissement et ce, pendant des siècles. Je pourrais disserter longtemps sur notre mémoire collective "sélective", sur ce qui est beau, chacun a son opinion.

Une note positive : A Amboise, le château du Clos-Lucé fut la dernière demeure de Léonard de Vinci, protégé de François 1er. Le catalogue des inventions et trouvailles du grand Léonard montre que tous n'étaient pas frappés d'aveuglement divin, une ère nouvelle s'annonçait.

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