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Jour férié, temps pourri...

Publié par gilles cochet

Jour férié, temps pourri...

Nous sommes le premier Mai, ça ne vous aura pas échappé, même si la météo fait tout pour avancer le calendrier de six mois. Non, ce n'est pas la Toussaint ! Le seul point commun,c'est jour de congé, fête non religieuse, non cocardière, la fête des travailleurs. J'entends aux infos que les français n'aiment pas leurs syndicats, qu'ils ne se plaignent pas ensuite mais on se débrouille mieux tout seul, n'est-ce pas Mme Michu, qui acquiesce. C'est quoi un syndicat ?

On peut poser la question, avec 7,7% de syndiqués dans ce pays, ça concerne sur 30 millions d'actifs au bas mot, environ 2,8 millions de personnes, le taux le plus faible des pays développés. Et le 1er Mai, en temps normal, les syndicats, représentant les travailleurs, dont je suis, défilent dans la rue, symboliquement, avec banderoles,tracts et tout l'attirail du bon syndicaliste qui se respecte. C'est important, les symboles, enfin, quand ils sont lisibles, parce qu'aujourd'hui, faute de représentativité, ce symbole-là est en train de mourir. Les syndicats ont été créé pour défendre les travailleurs, tous les travailleurs, tous ensemble ( vous connaissez le refrain). Aujourd'hui, comme l'an dernier, ce sera chacun dans sa rue et même pas du tout pour la CFDT, le temps pourri peut-être ? Je suis médisant. La CGT et FO défilent séparément, pourquoi ? Je ne sais pas et tout le monde s'en fout. Ils en sont à se bouffer le nez là où il faudrait se rassembler, faire front, donner de l'espoir, une image positive. Ils se battent, loin de moi l'idée du défaitisme mais c'est ponctuel, dans les différentes instances et souvent, hélas, quand il est trop tard. Il faut dire à leur décharge qu'ils ne sont pas aidés, avec un gouvernement dit de gauche qui fait tout pour qu'on ne le sache pas et laisse les entreprises (vive l'entreprise !) proposer les plans sociaux, pour faire des économies puisque, de toutes façons, l'état paiera la facture. Le gouvernement sera "attentif", c'est le nouveau mot d'excuse qu'ils ont trouvé. Et les syndicats ? Leur rôle est de dire haut et fort tout le mal qu'ils pensent de ces plans sociaux et de demander combien d'argent sera distribué en primes diverses de licenciement. Le but n'est plus d'empêcher les licenciements mais de les accompagner.

Je sais, Mme Michu, c'est mieux que rien. Le rapport de forces a changé, c'est tout, l'état d'esprit aussi, que voulez-vous, la mondialisation, c'est trop grand pour nous.

Il y avait une formule, il y a longtemps : Prolétaires de tous les pays, unissez vous. C'était Marx qui écrivit cela. C'est raté. C'est la finance qui s'est internationalisée. Je dois paraître un peu démodé mais un souvenir me vient à l'esprit qui l'explique peut-être: Le premier Mai de mes vingt ans, j'étais à Paris. J'ai pris mon auto ( ma 2cv), avec une amie, cinq heures de route. Nous allions à la Manif'. Une vraie de vrai, unitaire et massive. Nous étions plus de trois cent mille sur les grands boulevards et nous nous sommes regardés ma copine et moi, nous savions pourquoi nous étions là, on en pleurait presque. Je sais, c'est de l'idéalisme mais si on ne l'est pas à 20 ans...

La photo parle d'elle même, elle a été prise à Cuba.

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